Le Canot de l'Empereur

Après 72 ans d’absence, le Canot de l’Empereur a rejoint son port d’attache, à Brest, fin 2019. Un retour symbolique au cœur des Ateliers des Capucins, redonnant ainsi au lieu toute une part de son âme maritime.

Patrimoine maritime

Débarqué le long de Penfeld en 1814, le Canot de l’empereur fut réacheminé vers  Paris en 1943, afin de le préserver d’éventuels dommages de guerre. Durant près de 130 ans, cette embarcation napoléonienne prit  donc ses quartiers à Brest, et fit même durant de longues années partie du paysage commun des Brestoises et des Brestois.

Labellisée ville d’art et d’histoire depuis 2017, Brest a accueilli les bras ouverts ce symbole d’une histoire locale où le savoir-faire maritime ne date pas d’hier ! Et c’est aux Capucins que le joyau historique trouve logiquement son écrin, en bel écho à l’histoire de la construction navale brestoise. 
« Les Capucins avaient déjà une activité tournée vers la mer. Mais celle-ci va décoller à la suite de la visite de Napoléon III à Brest en 1858. L’Empereur lance une politique maritime française ambitieuse, au niveau militaire et commercial, et Brest, comme de nombreux autres ports, va alors voir sa vocation maritime se démultiplier », rappelle Jean-Yves Besselièvre, administrateur du musée de la Marine à Brest

Un retour « essentiel »

Certes, le Canot n’a pas été construit sur les rives de la Penfeld, mais il y a aura séjourné plus de la moitié de son existence. « Et si ce canot constitue un élément majeur d’une collection nationale, il fait aussi clairement partie du patrimoine brestois », confirme Jean-Yves Besselièvre.
Le retour de ce symbole historique s’est dessiné à l’occasion des grands travaux qui viennent de démarrer au musée national de la Marine, le palais de Chaillot, qui l’abritait depuis 1945. « Le futur musée ne prévoyait pas de l’exposer à nouveau. Le voir revenir à Brest est donc essentiel, pour que le public puisse continuer à l’admirer », poursuit le Brestois. 
Pièce patrimoniale inestimable et témoin de l’excellence maritime française, le canot de l’Empereur symbolise avec force et émotion ce lien indéfectible qui unit les Français à leur histoire maritime, un héritage unique dont le musée national de la Marine est le fier garant.

Un vaste chantier de restauration ... 

Les réelles retrouvailles avec Brest ont eu lieu en fin de l’année 2019. 
Aux mois de juin et juillet 2020, des travaux de restauration ont permis de redonner au Canot tout son lustre en tenant compte de la nouvelle scénographie imaginée par l’Agence Leconte-Noirot pour son exposition aux Ateliers des Capucins. Plus particulièrement, un jeu de miroirs situés au-dessus du Canot met en valeur des parties auparavant invisibles du public et lui permet de l’observer dans son intégralité.
Durant huit semaines, dix conservateurs restaurateurs spécialisés dans les traitements du bois polychromé, doré et du métal sont intervenus. 

Une place définitive

Dans le respect de la précédente campagne de restauration menée en 2001, ils ont œuvré à assurer la conservation du Canot sur le long terme, à harmoniser l’ensemble de ses éléments et à améliorer son état esthétique. 
Pour ce faire, l’équipe de restauration a procédé à un dépoussiérage complet, une restauration des sculptures, un traitement des fentes visibles dans la coque et sur le rouf, et une reprise de la polychromie et des dorures pour harmoniser l’ensemble.
Enfin, ils ont remonté les éléments amovibles (sculptures, couronne et avirons), démontés lors du transfert du canot de Paris à Brest en octobre 2018. Le canot a ainsi trouvé sa place définitive à l’entrée du Pôle des excellences maritimes, sur le côté nord de la place des Machines. Un parfait symbole de l’ADN brestois, alliant le savoir-faire maritime d’hier à celui de demain.     

A lire "De Paris à Brest, le canot de l'empereur rejoint son port d'attache" (pdf, 8,35 Mo)

Repères historiques

  • 1810 : c’est l’année de naissance du Canot, qui est construit à Anvers, sur décision de Napoléon 1er
  • 18.80 mètres : c’est la longueur de l’embarcation, pour 3,80 m de large, et un peu plus de 5 mètres de hauteur.
  • 129 ans : c’est la durée du séjour du Canot à Brest, de 1814 à 1943.
  • 8 jours : c’est le temps qu’il fallut, en 1943 pour assurer le transport de Brest vers le musée de Chaillot, à Paris, via la voie ferrée.
  • 850 objets étaient jusqu’ici exposés au Musée national de la Marine, et vont être placés en réserve durant le chantier. Seul le Canot part vers un nouveau site d’exposition, à Brest

Publication

Patrimoines brestois

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N° 37

La revue Patrimoines Brestois est publiée par le service Patrimoines de la ville de Brest en collaboration avec les autres structures patrimoniales du territoire.
Dossier du n°37 : Art dans l'espace public

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