Développement durable, Santé

Surveillance des pollens : un précieux capteur brestois

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Face à des allergies aux pollens qui se multiplient, les données issues du capteur situé sur le toit du CHRU de la Cavale Blanche permettent de mieux informer sur les périodes à risques pour Brest et son territoire.

Si la période critique des pollens de bouleaux est passée, celle des graminées bat son plein. Depuis 1996, une station de mesure, située sur le toit de l'hôpital de la Cavale Blanche, permet aux équipes de Capt’air Bretagne d’analyser chaque semaine les pollens présents dans l’air sur un rayon de 30 kilomètres autour de Brest. Des informations précieuses pour les personnes allergiques, afin de mettre en œuvre gestes de prévention et traitements, le cas échéant.

Question de santé publique

« Les données sont adressées chaque semaine au réseau national de surveillance, ce qui permet de prévenir des risques allergiques, pour les jours à venir », confirme Sophie Frain, infirmière chez Capt’air Bretagne. Les intéressés peuvent ainsi consulter les bulletins chaque semaine sur le site de Capt’air Bretagne, et mettre en œuvre les bons gestes (aération des pièces avant 10 heures du matin et après 18 heures, lavage ou brossage des cheveux avant de dormir pour éliminer les pollens sur l’oreiller…). Des informations très utiles pour un nombre grandissant d’allergiques : « On estime aujourd’hui que 20 à 30 % de la population générale est allergique, mais ces chiffres sont sans doute sous-estimé. Et les prévisions pour 2050 évoquent 50 % de la population », rappelle Sophie Frain. 

La biodiversité en rempart

Les allergies au pollen deviennent ainsi un enjeu de santé publique, très clairement lié aux problématiques de qualité de l’air. « La pollution atmosphérique atteint d’abord l’arbre respiratoire, qui s’irrite : les allergènes vont ainsi passer plus facilement la paroi bronchique », précise l’infirmière. Et d’ajouter : « Sans compter que la pollution agresse les grains de pollens… qui libèrent dès lors encore plus de protéine allergisante »
« L’amélioration de la qualité de l’air fait partie de nos ambitions dans le cadre du plan climat air énergie territorial. La pollution atmosphérique et le changement climatiques ont des conséquences sur la santé. En ramenant la nature en ville, en favorisant la biodiversité, en luttant contre les îlots de chaleur, nous pouvons améliorer les choses », souligne quant à lui Glenn Dissaux, vice-président de Brest métropole en charge du plan climat air énergie. Car dans la lutte contre les pollens, il n’est pas question de lutter contre la nature, bien au contraire : « Favoriser la biodiversité est évidemment l’une des clés. Il ne faut bien sûr pas supprimer des essences, mais trouver un juste milieu », approuve Sophie Frain.