Santé

Mieux soigner les AVC avec l'intelligence artificielle

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La start up brestoise Intradys travaille, en partenariat avec le CHRU, à l’élaboration d’un logiciel d’aide à la décision dans la prise en charge de l’AVC.

Parce que, dans la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux, la rapidité d’intervention fait toute la différence, le CHRU de Brest s’engage aux côtés de la start up Intradys. Objectif : développer un logiciel qui permettra d’apporter une aide à la décision aux médecins, avant et pendant l’intervention.

« Un enjeu de société »

« Aujourd’hui en France, 150 000 personnes sont chaque année victimes d’AVC. C’est la première cause de mortalité chez les femmes. Et 3 personnes sur 5 vivent avec des séquelles handicapantes suite à un AVC. Il y a donc un enjeu de société à travailler sur l’amélioration de la prise en charge », pointe Gwenael Guillard, le fondateur d’Intradys.

Intelligence artificielle

Basée à l’incubateur de l’IMT Atlantique, la start up créée en avril 2019 ambitionne donc de venir en appui aux gestes de neuro radiologues interventionnels, en amont et durant l’intervention. Et ce par le biais de l’intelligence artificielle. 
La convention de partenariat qui lie le CHRU à Intradys va en effet permettre à cette dernière d’avoir accès aux données anonymisées des patients consentants pris en charge sur le plateau technique du CHRU, à l’unité fonctionnelle de neurologie interventionnelle dirigée par le Pr Gentric. De quoi, via un algorythme, permettre de construire une base de données sur laquelle s’appuiera le logiciel pour bâtir les stratégies d’intervention les plus pertinentes en fonction de l’état du patient.  
« Mais cela ne vise en aucun cas à remplacer les médecins ! Il s’agit simplement d’apporter, rapidement, des scénarios d’intervention. Le praticien reste maître de sa décision », précise Alain Saraux, vice-président recherche au CHRU. 

Recrutement

Intradys accueillera un premier ingénieur en début d’année, et travaille actuellement au recrutement d’un second. Une première version opérationnelle du logiciel devrait pouvoir être livrée d’ici à deux ans, « avec un modèle prévu pour être validé l’an prochain », précise cependant Gwenael Guillard. L’accès aux bases de données de patients issus de la Bretagne, puis de toute la France est également espéré à moyen terme. 
Le CHRU s’est par ailleurs engagé à hauteur de 10 % du capital de la startup, une démarche encore rare en France pour un hôpital : « Nous avons souhaité le faire car nous savons que cette technologie pourra amener un nouveau service aux patients. Et cela vient aussi rappeler le poids d’acteur économique que joue le CHRU sur son territoire, et pas seulement dans les emplois médicaux purs », relève Philippe El Saïr, directeur du CHRU