Citoyenneté

Mediator : l'hommage de Brest à Céférina Cordoba

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Depuis ce mardi 23 mars, le rond-point d’accès aux urgences de l’hôpital de la Cavale-Blanche porte un nom : celui de Céférina Cordoba, victime du Mediator. Un hommage à son combat et à celui de toutes les victimes.

“Rond-point Céférina Cordoba- Brestoise engagée et victime du Mediator”. A l’entrée de l’hôpital de la Cavale Blanche, le nouveau rond-point d’accès aux urgences, porte un nom à la lourde symbolique : celui d’une « victime des médicaments volée à ses enfants et ses petits-enfants, parce qu’elle a été empoisonnée », a rappelé Irène Frachon, la pneumologue brestoise qui soigna cette femme, et fut à l’origine de la dénonciation du « scandale du Mediator ». 

« Une femme victime d’un médicament »

Ce mardi 23 mars, aux abords du rond-point Céférina Cordoba, une petite foule s’est massée. Formée de la famille de la victime, de journalistes, mais aussi d’amis, et de médecins. « Il est très important que ce rond-point porte le nom de Céférina, et que ce soit ce rond-point en particulier. Parce qu’elle en voyait l’emplacement depuis sa chambre d’hôpital. Mais aussi parce que c’est celui mène vers l’hôpital. Qu’il porte le nom d’une femme victime d’un médicament nous rappelle, à nous soignants, notre obligation fondamentale de sécurité, de ne pas nuire aux patients », a souligné Irène Frachon. 

« Cette autre Fille de Brest »

C’est la ville de Brest qui, après le décès de Céférina Cordoba, avait proposé cette dénomination, aux abords du CHRU. Les élus avaient adopté cette décision à l’unanimité, en février dernier. « Aujourd’hui, cette courte cérémonie est pour nous l’occasion de saluer bien sûr le combat d’Irène Frachon contre ce drame humain qui n’est hélas pas terminé et a causé tant de victimes, et évidemment de saluer la mémoire de Céférina Cordoba, cette autre Fille de Brest », a commenté François Cuillandre faisant référence au film éponyme, relatant le combat des Brestoises contre le laboratoire Servier.

Au nom de toutes les victimes 

Car si Irène Frachon a porté l’affaire du Mediator devant la justice, la pneumologue l’a aussi rappelé : « Céféfrna a été l’une des portes d’entrée vers la compréhension du mécanisme. C’est grâce à elle, d’abord, que nous avons compris comment le Mediator pouvait agir ».
La voix étranglée par l’émotion, Irène Frachon a aussi voulu rendre hommage à « une personnalité rayonnante, une femme douce, très digne et déterminée, qui a été là, avec nous, qui s’est battue ». Une bataille menée « au nom de toutes les victimes… pour obtenir la reconnaissance de la vérité. Et cette plaque au nom de notre mamie, c’est ça : la reconnaissance », a complété Laëtitia, l’une des petites-filles de Céférina Cordoba, entourée des membres de la famille endeuillée. 
Décédée en février 2020, « Céférina aurait voulu être là pour le verdict du procès pénal », a enfin noté Irène Frachon. Ce dernier sera rendu lundi 29 mars.