Commémoration, souvenir

La Résistance en pays de Brest dans la lumière d'un site internet

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Il suffit de voir la longue liste des groupes, mouvements, réseaux et combattants FFI/FTP sur le site de « Mémoires des résistant.e.s du pays de Brest » pour comprendre qu’ hommes et femmes furent nombreux à se battre ici, zone militaire côtière soumise à une forte pression de l’occupant. « Nous dénombrons entre 4 000 et 4 500 résistants sur le pays de Brest, entre 1940 et 1944, énonce Gildas Priol, à l’origine de ce site internet et à la tête de Brest 44. Nous avons donc choisi de le lancer avec le groupe Elie, du nom de Louis Elie, le plus connu à Brest. »

 

75e anniversaire de la Libération

Ce groupe très actif paiera cher son engagement puisque « onze d’entre eux, y compris Louis, seront fusillés au Mont Valerian le 10 décembre 1941. » « D’où la rue des Onze martyrs », rebondit Eric Guellec, adjoint au maire en charge des Anciens combattants. « Nous soutenons financièrement et techniquement ce site internet, poursuit-il, car il entre dans les thèmes du 75e anniversaire de la Libération de Brest, à savoir la mémoire et la transmission. C'est une manière de leur rendre hommage. Nous espérons que les écoles s’en empareront. » 

Rendre des visages à des noms

Caution institutionnelle du sérieux de la démarche, les archives municipales pilotent ce site qui se veut donc une plateforme participative autant qu'une encyclopédie. Pourquoi faire appel aux citoyens quand des fonds nationaux sur la résistance existent déjà ? « Parce que ce ne sont que des indexations qui ramènent vers des archives éparses ou des thématiques ciblées, commente Gildas Priol, or nous voulons montrer que ce sont des hommes et des femmes, comme nous, d'ici ou d'ailleurs, qui ont un jour fait le choix d’entrer en résistance en sachant parfaitement que l’issue pouvait fatale. » Les héros et les héroïnes étaient des monsieur et madame tout-le-monde, des personnalités diverses aux métiers variés. « Mais un jour ils ont décidé d’œuvrer pour leur pays, leur famille, leurs convictions. » Le site veut donc raconter, en partie, leur histoire si particulière dans la grande.

Un appel aux familles, aux associations

Tout juste lancée, cette plateforme compte une soixantaine de fiches. Un tronc commun donne des informations succinctes (naissance, famille, résistance etc.) puis un texte, des photos et articles de presse étayent, dans la mesure du possible, la vie de la ou du résistant. « Nous pensons que beaucoup de familles détiennent des documents non connus. Ils peuvent illustrer les fiches déjà répertoriées mais aussi faire découvrir d’autres noms, d’autres faits. »
Chaque apport, témoignage et document, fera l’objet d’une analyse de la part des archives et, dans le doute, un avis sera demandé aux associations et historiens. 

 

Une relation de confiance

« Nous lançons aussi des appels à propos de noms dont nous n’avons aucune information », souligne Gildas Priol, à l'origine d'un patient et minutieux travail de mémoire débuté il y a six ans, avec une dizaine de bénévoles. Une relation de confiance avec les familles s'établit avec ces enquêteurs puisque certaines leur confient leurs précieux documents. Ainsi, le visage du célèbre Louis Elie n'a été rendu public qu'il y a deux ans. La résistance à Brest commence enfin à voir la lumière.

A lire : Sillage de septembre 2019, "Fin de la seconde guerre mondiale, une Libération"

Pour prendre contact avec Mémoires des Résistant.e.s du pays de Brest, il suffit de laisser un commentaire sur le site avec une adresse mail. Un contact sera ensuite pris par les responsables éditoriaux.