Commémoration, souvenir

Histoire : CCAS et fort Montbarey apportent un éclairage sur les Tsiganes

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Un camp de concentration pour les Tsiganes a existé en Finistère, à Coray, entre 1940 et 1941. Une exposition, acquise par le centre social La Roulotte, propose de réhabiliter leur mémoire, au fort Montbarey jusqu’au 28 décembre.

Le mémorial des Finistériens, géré par l’association animant le fort Montbarey, ne mentionne pas de noms de Tsiganes. Et pour cause : « De par leur mode de vie nomade, le nom de ces victimes de la seconde guerre mondiale n’est pas répertorié dans les communes, sauf s’ils y sont nés », explique Catherine Ferré-Jardinier, présidente du fort Montbarey. « On doit quelque chose à la mémoire de ces personnes qui ont grandement souffert pendant la guerre. » (vidéo ci-dessous)

Une exposition acquise par la Roulotte

Pour leur rendre hommage, et faire davantage connaitre le génocide dont ils furent victimes, le centre social La Roulotte, du CCAS, a fait l’acquisition d’une exposition réalisée par l’historienne Marie-Christine Hubert et le dessinateur de BD Kkrist Mirror, par ailleurs auteurs d’ouvrages sur ce le funeste destin des Tsiganes en France pendant la seconde guerre mondiale.

En Finistère, le camp de Coray, près de Quimper, a servi de camp d’internement des Tsiganes arrêtés par les autorités françaises. Fin 1941, 213 furent envoyés au camp de Montreuil-Bellay. Si le camp finistérien a été créé à la demande des occupants, le statut unique qui fut donné aux Tsiganes fut le fait de l’État français. 

Le fort, témoin des guerres navales

Le fort Montbarey, qui abrite le mémorial des Finistériens de la seconde guerre mondiale, accueille cette exposition jusqu’au 28 décembre. 

C’est aussi l’occasion de (re)découvrir l’histoire de ce fort, emblématique de la militarisation de la côte finistérienne. Construit au 18e siècle selon les plans dits de Vauban, avec les forts de Penfeld, du Questel, de Keranroux et du Portzic, il devait protéger le pays des Anglais pendant la guerre d'indépendance américaine à laquelle participaient activement les Français.
Pendant la seconde guerre mondiale, « il accueillit le mess des officiers allemands et une caserne logistique, précise la présidente. Les prisonniers qui construisirent la base sous-marine y furent emprisonnés. 5 000 furent comptabilisés dans les douves. » Puis, pendant la guerre froide, un bunker pris place in situ, rassemblant aujourd'hui une collection d'objets d'époque. « Nous accueillons toute exposition ayant trait à la seconde guerre mondiale dès lors qu'il s'agit de mémoire. » Celle des Tsiganes retrouve de la dignité à travers ces 26 panneaux bien documentés, alternant BD et archives.

 

Ouvert du mardi au vendredi, et dimanche de 14h à 17h (dernière heure d’entrée) ; Fermé les 25, 31 décembre.