Economie, entreprises

De l’avenir de la déconstruction navale à Brest

Mis en ligne le

Alors que le premier sommet mondial de l’océan (One ocean summit) débute le 9 février à Brest, l’entreprise Navaleo a posé, ce 8 février, les enjeux de la déconstruction navale à Brest. La filière est effectivement pleine d’un avenir à consolider et s’impose comme une solution pour agir en faveur de l’environnement marin.

« Nous possédons un port situé à la croisée des routes maritimes mondiales, une grande forme de radoub équipée de moyens de manutention dimensionnés. Nous sommes un port polyvalent qui s’appuie sur un écosystème cohérent et favorable… Bref, nous avons l’outil nécessaire pour permettre à l’activité de déconstruction navale brestoise de continuer à se développer. »

C’est en ces termes que Mériadec Le Mouillour, directeur général de la CCI de Brest et invité par Navaleo ce 8 février, a présenté les atouts brestois pour la filière de déconstruction navale actuellement en plein essor. 

Un bel avenir à moyen terme…

Accompagnée par la Région Bretagne, la société portuaire Brest Bretagne ou encore Brest métropole, la filière, dont Navaleo est l’un des plus évidents représentants, dispose en effet de forces intéressantes pour s’offrir un avenir radieux. « Navaleo est née en 2011, alors que le TK Bremen venait de s’échouer à Erdeven, rappelle Pierre Rolland, président de Navaleo. Depuis, nous sommes intervenus de nombreuses fois et la déconstruction de trois sous-marins de type Agosta de la Marine Nationale, en 2020 et 2021, a démontré notre savoir-faire et tout le potentiel de notre activité qui, à ce jour, nous garantit deux à trois ans de travail. » 

Employant aujourd’hui 40 personnes, la société brestoise projette la création de 10 à 15 emplois par an sur les cinq prochaines années.

Son carnet de commandes compte actuellement cinq navires en cours de déconstruction.    

… qu’il faut encore consolider

Malgré des forces évidentes, la filière de déconstruction navale brestoise reste à conforter. La concurrence est en effet rude du côté de l’Asie ou de la Turquie, où les chantiers proposent des prix attractifs au détriment des réglementations sociales, sanitaires et environnementales. 

« Mais nous faisons aussi face à une vraie problématique de recrutement, ajoute Pierre Rolland. Nous regrettons l’absence d’école ou de filière de formation dédiée, et ce manque de main d’œuvre nous empêche de nous positionner sur la déconstruction de navires de tailles plus importantes, comme des paquebots de croisière. »