Solidarité

Covid-19 : Les bénévoles à la manoeuvre pour la fabrication des masques

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Parce que les livraisons de masques s'avèrent complexes au vu d'une demande mondiale inédite, la ville de Brest a fait le choix de diversifier ses modes d'approvisionnement. Les masques en tissus, tous homologués, ont commençé à être distribués, et le seront jusqu'à la fin juin.

Les normes d'homologation des masques en tissus ont été publiées fin mars par la direction générale de l'armement. Aussitôt après, les premières commandes de masques en tissu homologués étaient passées par la ville de Brest. Les premières livraisons, elles, n'ont été réceptionnées que la semaine passée. Autant dire que le processus n'a rien du long fleuve tranquille. 

250 000 masques en tissus commandés à Brest

Face à cette demande inédite et mondiale, « nous avons dès le départ fait le choix d'attendre les homologations, pour des masques en tissus réutilisables », précise le maire de Brest, François Cuillandre. Mutualisée au niveau de Brest métropole, la commande de masques en tissus a porté sur 420 000 pièces, réparties donc sur les huit communes, dont 250 000 pour la seule ville-centre. 

300 bénévoles pour 100 000 kits à assembler 

Mais en parallèle, Brest avait aussi fait le choix de commander 100 000 kits de masques à assembler, eux-aussi homologués, et lancé un appel aux bénévoles parmi les habitants. « Nous en comptons à ce jour 300, sur l'ensemble de la ville », précise le maire, lors d'une visite dans l'un des ateliers d'assemblage mis à disposition des bénévoles par la ville, au centre social de Pen ar Créac'h. 

100 à 150 masques par jour

Ici, depuis le début du mois de mai, six couturières et couturiers bénévoles s'activent chaque après-midi, pour coudre les différentes pièces des kits, et en faire des masques. Quatre autres bénévoles du quartier font de même depuis leur domicile, pour une production journalière de 100 à 150 masques par jour.  Et le même schéma se reproduit sur les sept quartiers de la ville, ainsi que dans les deux lycées professionnels brestois proposant une filière autour de la couture : Jules Lesven et la Croix-Rouge. 

« Une question de civisme ! »

Partout, les bénévoles s'affichent avec le sourire, et ne comptent pas leur temps. Retraités, étudiants, bénévoles d'associations : tous ont une motivation altruiste, une envie d'aider. Comme Sabine le résume bien : AESH au lycée Jules Lesven, la dame vient ici assembler des masques « sans me poser de question. Avec le confinement, j'ai été payée, même si je n'avais plus beaucoup de travail avec mes élèves . Alors, quand même, c'est normal de partager ce qu'on sait faire, c'est une question de civisme ! ». Gaoussou, lycéen à Lesven, vient quant à lui chaque matin assembler des masques au lycée, avant de filer en assembler d'autres à Pen Ar Créac'h ! 

Une distribution échelonnée

Entre les livraisons issues des commandes aux industriels et celles des bénévoles, la ville a pu démarrer la distribution des premiers masques en tissu la semaine dernière, pour les plus vulnérables, relevant du CCAS. Suivent cette semaine les publics bénéficiaires d'associations d'aide alimentaire et les bénévoles qui y travaillent. Quelque 18 000 Brestois de plus de 70 ans les recevront ensuite dans leurs boîtes aux lettres, avant que les 11 000 abonnés aux tarifs solidaires de Bibus ne disposent eux-aussi de leur dotation. 
Le reste de la population se verra ensuite doté, via les mairies de quartier : « A ce jour, nous prévoyons un début de distribution vers la mi-juin, mais tout dépendra des livraisons », précise Yann Guével, adjoint au maire de Brest. 

Afin de saluer l'implication des bénévoles qui assemblent actuellement les masques, la ville de Brest a mis en place un système de subvention, tel que celui qui existe habituellement dans le cadre des fêtes maritimes. Pour ce cas précis, chaque bénévole verra verser à l'association brestoise de son choix la somme de 50 centimes d'euros par masque qu'il ou elle aura assemblé.