Santé

Contre le cancer, une révolution en développement au CHRU de Brest

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Début septembre, le CHRU de Brest et l’UBO ont fait l’acquisition d’un cytomètre de masse imageur, véritable outil au service d’une médecine de précision à même de mieux traiter le cancer. Encore en développement, la technologie pourrait être mise au service des patients d’ici deux ans.

Pour l’instant installé dans un petit local du CHRU, à côté d’un ordinateur sur lequel travaille Patrice Hémon, ingénieur de recherches chargé de développer la technologie, Hypérion, du nom du cytomètre de masse imageur qui permettra une analyse jamais vue des cellules cancéreuses, se présente sous la forme d’une grosse boîte noire.
Sous ses dehors imposants, Hypérion promet « une révolution », pose Jacques-Olivier Pers, à la tête de l’unité mixte recherche Lymphocytes B et auto-immunité de l’Inserm. Car, si Hypérion, dans la mythologie grecque, était doté d’une force incroyable, il en va de même pour l’outil acquis par le CHRU et l’UBO. « A ce jour, deux équipements de ce type existent en France, détaille le praticien hospitalier : l’un à Montpellier, l’autre chez nous, à Brest. On est dans un outil qui dépasse la simple innovation, et qui va révolutionner les approches thérapeutiques du cancer, voire d’autres pathologies. Hypérion permettra des choses jusque-là impossibles, tout simplement. »

Une précision inégalée

Ainsi, là où les moyens actuels limitent les biopsies à l’analyse de trois ou quatre marqueurs de la maladie différents, le titan Hypérion en analysera plus de 40 simultanément, permettant d’étudier à la fois la tumeur en cause, mais également son environnement. A termes, le professeur Pers n’exclut pas la possibilité de pousser Hypérion jusqu’à une capacité d’analyse de 100 marqueurs. « Ce que ça signifie ? Qu’avec ce cytomètre, nous possèderons la faculté d’observer les caractéristiques propres de chaque cancer avec une précision encore inégalée. Si l’on pousse la logique plus loin, nous serons en mesure de comprendre pourquoi un même traitement répond chez un patient, sans répondre chez un autre. Hypérion accompagnera ainsi le médecin dans le choix du traitement à prescrire. »

En quelques mots, la force d’Hypérion sera de :

  • prédire la maladie et son évolution ;
  • mieux diagnostiquer les cancers agressifs ;
  • améliorer la prise en charge thérapeutique ;
  • assurer un suivi optimal et individuel de chaque patient…

Deux ans de travail avant essais cliniques

« Mais nous nous sommes donnés deux années de travail sur l’outil avant de le décliner en essais cliniques, prévient encore le docteur Pers. C’est une période durant laquelle nous conduirons différents développements et différentes recherches. Des projets brestois vont ainsi être lancés prochainement, avec des études sur le cancer broncho-pulmonaire, notamment. »
Reste qu’Hypérion, acquis grâce à l’implication de nombreux acteurs et de nombreuses sources de financement (fonds européen, fonds de dotation Innoveo, CHRU de Brest, Brest métropole, conseil départemental, région Bretagne…), promet des avancées immenses en termes de traitement des cancers puis, certainement, d’autres pathologies.
« Le cytomètre permettra également à la place brestoise d’être extrêmement visible sur tout ce qui touche la médecine du cancer. Etre attractif, c’est disposer d’équipements de pointe et Hypérion en fait résolument partie », a conclu Matthieu Gallou, président de l’UBO.