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Blue Observer : une entreprise maritime brestoise au service de la recherche scientifique internationale

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Le voilier de l’opérateur scientifique maritime brestois Blue Observer partira de Brest le 14 novembre pour sa première expédition. Objectifs ? Déployer 100 instruments océanographiques dans des zones reculées de l’Atlantique, collecter des données sur les ressources marines et contribuer à plusieurs études internationales sur le changement climatique et la recherche thérapeutique.

Créée en 2021 à Brest, Blue Observer c’est une équipe de 8 associés passionnés qui partagent des convictions communes en matière environnementales et sociétales. Son ambition : contribuer à la compréhension et à la protection des océans ainsi qu'au développement d'une croissance bleue, respectueuse et durable. "Nous avions envie de jouer un rôle auprès de la communauté scientifique en les accompagnant dans la mise en place de missions et d'expéditions" explique Éric Defert, co-fondateur de Blue Observer et skipper brestois. L’entreprise se définit comme un opérateur scientifique maritime bas carbone. Grâce à son voilier de 25 mètres de long et à son laboratoire embarqué, Blue Observer propose des prestations de services océanographiques à destination de scientifiques et d’industriels.

Trois mois en mer, deux missions

L’équipage mixte de 7 personnes, composé de marins aguerris et de scientifiques, partira de Brest le 14 novembre en direction de la côte est des Etats-Unis, avant de poursuivre sa route en Atlantique sud en direction de l’île de Sainte-Hélène, au large de la Namibie. La durée de l’expédition est estimée à 3 mois, soit environ 99 jours de mer et 9 600 milles nautiques parcourus. Au programme : 

  • Une contribution à une étude sur les gènes de résistance aux antibiotiques pour l’université de Laval au Canada et de Clermont Auvergne, en France. Une étude sur la microbiologie sera également menée en partenariat avec la station biologique de Roscoff. L’objectif : créer une souchothèque d’aérosols. 
  • Le déploiement de flotteurs Argo à des positions GPS prédéfinies.

Les flotteurs Argo, kesako ? Ces instruments dérivent sur et sous la surface de l'eau et envoient des données d’analyses par satellites aux instituts de recherche internationaux, dont l’Ifremer basé à Brest. Cela permet notamment d’alimenter les prévisions météorologiques. 4 000 flotteurs profilants Argo sont opérationnels dans l’océan. Environ ¼ du parc est renouvelé chaque année, soit 1 000 balises.

Cent flotteurs Argo déployés dans l’Atlantique : une première à la voile

Cent flotteurs Argo seront embarqués sur le voilier du Blue Observer avant d’être déployés en haute mer pour le compte des Etats-Unis, du Canada et de l’Europe le tout sous la coordination d’OceanOPS.
Cela représente deux tonnes et demi de matériel. Une première pour un bateau à voile, les opérations de cette ampleur étant habituellement réalisées par des bateaux à moteur. « C’est une réponse opérationnelle innovante et à basse empreinte carbone » conclut Mathieu Belbéoch, directeur d’OceanOps, entreprise en surveillance du système mondial d’observation de l’océan, basée à Brest.