Culture

Au Quartz, le cap collectif de Maïté Rivière

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Drôle de saison pour prendre la direction d’une scène nationale ! Tout juste arrivée au Quartz, à la suite de Matthieu Banvillet, Maïté Rivière a malgré tout déjà sa petite idée de la suite des épisodes !

Le grand théâtre du Quartz n’a pas résonné des applaudissements des spectateurs depuis bien longtemps, et dans les couloirs de la scène nationale brestoise, les seuls artistes que l’on croise sont ceux qui ont décidé de manifester pour la réouverture des lieux culturels. 
Pourtant, un grand sourire accroché au visage, Maïté Rivière a déjà son plan de route pour le Quartz de demain et d’après-demain. En tout cas pour celui qui saura revivre dès que les consignes sanitaires vireront au vert. 

Le sens du collectif

Dans l’attente, celle qui fut jusqu’en 2020 à la tête du théâtre pluridisciplinaire d’Alfortville, travaille à la mise en œuvre de la saison prochaine, en mode collectif. « J’ai fait sport-études hand, j’en ai gardé le sens du collectif », sourit-elle. Son projet, qui lui a valu d’être nommée à Brest, reflète bien cet état d’esprit, qu’elle résume en une formule simple : « Libérer les énergies et faire communauté, inventer le théâtre de demain ». 

Un théâtre solidaire et inventif

Ce qui ne signifie en rien, surtout pas, balayer d’un coup la patte de son prédécesseur. « J’ai découvert le Quartz à l’époque où j’étais programmatrice, à travers le festival Dans Fabrik… et j’ai adoré », explique-t-elle. Et la « saison nomade » qui doit s’ouvrir ce printemps, en raison de l’ouverture du chantier de réhabilitation du Quartz semble être le terrain de jeu idéal pour mettre en place, dans la continuité de l’esprit brestois, une nouvelle petite musique. « J’ai beaucoup travaillé sur la notion du hors les murs que nous allons vivre pendant deux ans. Et à Brest, les gens travaillent ensemble, les acteurs culturels sont engagés et solidaires, ce qui me plait bien. Je veux continuer ça, et puis aussi utiliser cette saison nomade pour faire découvrir au public des lieux inédits, investir des endroits inattendus ». Le tout dans un souci de diversité des créations, mais aussi de réelle parité
Autre priorité : investir au maximum les quartiers prioritaires de la ville,« en travaillant bien sûr dans les structures de quartier, mais aussi en prenant le temps de la création de terrain avec les habitants ». 

Artistes associés

D’ores et déjà, Maïté Rivière a pu élire les trois artistes associés à la scène nationale, pour les trois années à venir. Dans ce beau trio, la néo brestoise Betty Tchomanga, le collectif bajour (théâtre) et la musicienne Lucie Antunes. Un quatrième artiste, Jérôme Bel, très engagé sur les questions environnementales, sera également associé, « pour nous accompagner à prendre ces sujets à bras le corps »

Faire avec 

Dans l’intervalle, « pas question de revivre l’an prochain des annulations en série : nous allons faire en sorte de mettre en place des choses qui pourront se tenir, quelles que soient les circonstances ». Ce qui pourra donner lieu, entre autres, à des interventions en milieu scolaire, ou encore des propositions d’ateliers et de rencontres numériques… 

Dès le début avril, le chantier du Quartz démarre, pour deux années. Les équipes de la scène nationale migreront alors à l’ancien cercle naval, de même que la billetterie.