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A Brest, une enquête sur l’isolement dévoile ses résultats

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L’isolement relationnel progresse, que ce soit au national ou à Brest. C’est ce que vient de révéler une étude lancée par l’Adeupa et le CCAS de la ville de Brest auprès de plus de 2 000 habitants. Zoom sur quelques chiffres-clés.

Dans le cadre de l’analyse des besoins sociaux du CCAS de la ville de Brest, une enquête téléphonique a été menée par l’Adeupa fin 2021, auprès d’un échantillon représentatif de la population brestoise de plus de 16 ans

« Une telle enquête, à l’échelle d’une seule ville, est très rare, explique Marion Maury, adjointe au maire de Brest en charge de l’action sociale. Ce type de travail est en effet, d’habitude, plutôt réalisé à l’échelle nationale, et nous avons choisi, ici, de nous focaliser sur la question de l’isolement relationnel. »

Une question, trois raisons

La ville a donc choisi de se pencher sur le phénomène de l’isolement, qui progresse en France depuis 10 ans, et ce de manière notable.
Pourquoi un tel choix ?

  • Parce que la crise sanitaire a révélé les vulnérabilités liées à l’isolement social
  • Parce que, à Brest, un foyer sur deux est unipersonnel
  • Parce que Brest veut disposer d’un regard objectif sur le sentiment d’isolement ressenti par ses habitants, dans le but de mieux lutter contre. 

16 000 personnes touchées
par le phénomène 

Mesurée à partir de la fréquence des liens familiaux, amicaux, de l’intensité relationnelle en emploi ou en formation, de la fréquentation des associations ou équipements de quartier, l’enquête a permis de cerner que 13 % des Brestois, soient 16 à 17 000 personnes, souffriraient d’isolement relationnel.
« Un chiffre qui se situe dans la moyenne nationale, analyse encore l’élue, et qui doit servir à nos politiques publiques pour pointer les facteurs réels de ces souffrances. » 
A noter que parmi les personnes touchées, et malgré le mythe qui peut leur coller à la peau, les étudiants compteraient parmi les premières victimes de l'isolement relationnel

Les facteurs concernés

  • L’effet générationnel : les Brestois de plus de 75 ans ont quatre fois plus de risques d’être en situation d’isolement que ceux âgés de 40 à 49 ans. 
  • La structure familiale : la présence d’enfants dans le foyer minimise la probabilité d’être isolé, puisque 4 % des Brestois avec enfants souffriraient d’isolement, contre 17 % sans enfants. 
  • Les inégalités sociales : les personnes sans emploi ont deux fois plus de risques d’être isolés. L’isolement social toucherait 14 % des ouvriers contre 6 % des employés et 6 % des cadres. 

Et après ?

Le CCAS projette de présenter les résultats détaillés de cette enquête cet automne, à l’occasion d’une grande conférence qui permettrait aussi d’échanger sur un plan d’actions où la pair-aidance, notamment, pourrait servir de levier de lutte contre l’isolement.
Le CCAS a, par ailleurs, déjà lancé un appel à projets, actuellement en cours, dédié à cette problématique