Solidarité

Solami, une force collective en faveur des migrants

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Fortement impliqués sur le terrain et confrontés à des situations de détresse insupportables, les associations de soutien aux migrants, la ville de Brest, la Caf et le conseil départemental unissent leur force avec le concours de la fondation Abbé Pierre. Ils lancent Solami, une solution novatrice contre les situations de grande précarité.

Solami, solidarité logement pour l'accueil des migrants - , .JPG 398Ko () Stéphane Martin, fondation Abbé Pierre, Roger Morin, de Solami, Isabelle Montanari, adjointe au maire à l'action sociale et Hosny Trabelsi, adjoint au maire du quartier de l'Europe.
© chall

Les associations et bénévoles engagés auprès des migrants en nord Finistère (22 structures) ont lancé Solami, solidarité logement pour l’accueil des migrants, avec l’appui de la ville et de la métropole. Ce projet vise principalement les personnes migrantes sans prise en charge par les dispositifs publics.

« Les membres des associations de terrain sont confrontés à des personnes dont ils ne savent pas où elles vont dormir la nuit et c’est très difficile à supporter, pointe Roger Morin, président de Solami, membre de Digemer. Des familles appellent deux à trois fois par semaine parce qu’elles n’ont pas de solutions pour s’abriter la nuit. »

L’addition des forces

Quand toutes les solutions d’hébergement échouent, que reste-t-il ? La fatalité ? Certainement pas à Brest ! La ville, la métropole, la Caf et le conseil départemental ont répondu présent aux côtés du monde associatif et de la fondation Abbé Pierre. La Fondation de France et la fondation EDF ont également été sollicités.

Location d’appartements

80 000€ ont déjà été récoltés, ce qui permet à Solami de louer à Brest métropole habitat deux premiers appartements à Kerourien et à Saint-Martin, pour 12 jeunes migrants non reconnus mineurs mais engagés dans des procédures pour l’être. Le but étant de louer six appartements dont trois seront consacrés aux familles. Un accompagnement spécifique se met également en place pour qu’elles deviennent autonomes : nourriture, soins, démarches administratives, questions sur l'avenir, « tout est problématique » détaille Roger Morin.

Un parcours d’accompagnement à l’œuvre

« Nous regrettons énormément que l’État ne soit pas avec nous dans ce projet car c’est un problème national, déplore Isabelle Montanari, adjointe au maire à l’action sociale, mais cela ne nous empêche pas de soutenir des initiatives locales, porté par l’ensemble des élus. Nous allons mettre en place à Brest un vrai parcours d’accompagnement des migrants. »
Ce travail collectif, salué par Hosny Trabelsi, adjoint au maire du quartier de l’Europe, « permet de repérer et régler des situations difficiles au cas par cas. »

La fondation Abbé Pierre mobilisée

« Ce partenariat rare est un embryon d’outil qui décloisonne les approches sur le logement des migrants, souligne Stéphane Martin, directeur régional Bretagne Abbé Pierre. S’appuyer sur une collectivité permet aux bénévoles de ne pas s’épuiser dans la quête de solutions à des situations toujours plus complexes. » Toujours plus complexes car les offres d’hébergement d’urgence mise en place par l’État s’adressent principalement à des hommes en attente de papiers.

Or, depuis deux ans, en Bretagne, ce sont des familles, des couples, des femmes enceintes, des mineurs venant de loin qui se retrouvent à dormir dans la rue. « Et les migrants déboutés par les services de l’État n’ont même plus accès au 115, à l’accueil inconditionnel », s’indigne Stéphane Martin.

Une baisse inquiétante des APL

Et le représentant de la fondation Abbé Pierre, tout comme l’élue Isabelle Montanari, de s’émouvoir de la baisse des APL, « qui représente 7,7 M€ en moins pour Brest métropole habitat. Nous pouvons être inquiets pour les répercussions sur les logements sociaux » ainsi que sur les initiatives solidaires et humanistes telles que Solami.

Pour les personnes et associations qui souhaitent se joindre au projet :
contact.solami@numericable.fr

 


Commentaires

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Commentaires (1)

  1. Posté le 25-01-2018 à 18:01 par sylvie

    Je ne sais dans quelle mesure je peux aider; je trie de temps en dans des vètements pour une asso j ai du temps et me débrouille en anglais.
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