Solidarité, International

Frontière liquide : récit en images des sauvetages de l'Aquarius

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Pour raconter la Frontière liquide à laquelle se heurtent au quotidien des centaines de réfugiés, en Méditerranée, la journaliste Lucie Lautredou a choisi la photo. A bord de l’Aquarius pendant vingt jours, elle a vécu avec ces survivants appelés migrants, en quête d’une vie supportable. Elle expose à la Maison de l’international jusqu’au 8 avril et témoignera le 5 avril.

L’Aquarius, affrété par SOS Méditerranée aux moyen de dons, est le dernier navire de secours d’ONG autorisé par l’Italie à aller porter secours aux migrants tentant de fuir la Libye, à bord de pneumatiques. Chaque jour, quand le temps le permet, il part longer les côtes libyennes, à la rencontre hasardeuse d’embarcations ou du signalement du MRCC (le Cross Corsen italien). « Les autres navires sont accusés de trafic humain et donc immobilisés à quai », témoigne Lucie Lautrédou, journaliste au Marin et Ouest-France qui ont financé son reportage. 

Un 1er novembre éprouvant

Munie de son appareil photo, elle a embarqué du 21 octobre au 9 novembre à bord de ce navire d’une vingtaine de membres d’équipage, marins et membres de SOS Méditerranée qui assure le sauvetage. « Le 1er novembre, nous avons recueilli 123 femmes et enfants sur 588 personnes au total, raconte-t-elle. A 2 heures du matin, une première embarcation de 100 personnes a été sauvée par l’Aquarius. Ça fait déjà du monde à bord. Puis au petit matin, on a vu apparaître un pneumatique avec 120 personnes qu’on a pris en charge. Une second canot qui prenait l’eau a fait irruption, puis a chaviré. Il nous a fallu réagir très vite, jeter des objets flottants pour qu’un maximum puisse s’y accrocher. De ce sauvetage, je n’ai pris qu’une seule photo car très vite j’ai lâché l'appareil pour participer. C’est très traumatisant car on sait qu’il y a des gens qui n’ont pas pu être récupéré. » Les survivants sont acheminés en Italie où ils sont pris en charge.Des

Des survivants

La journaliste veut témoigner de ce qu’elle a vu, « (se) rendre utile en faisant davantage connaître cette réalité ». Pour cela, elle a rapporté des images fortes, de détresse mais aussi de soulagement et de solidarité. Ces photos l’ont aussi surprise au développement, comme celle-ci « où l’on aperçoit un homme qui pleure, en arrière-plan, alors qu’il vient de recevoir un gilet de sauvetage… Il faut savoir que ces personnes qui embarquent au prix de leur vie sont des héros, des survivants. Bon nombre de leurs compagnes et compagnons de route sont morts, restés captifs en Libye ou, pour les femmes et les enfants, victimes de trafic humains ignobles. »

  • L’exposition photo bénéficie du soutien de la ville de Brest et de la commission des solidarités internationales. 21 photos ont été financées pour relater ce reportage : Frontière liquide est visible jusqu’au 8 avril à la Maison de l’international, 50 esplanade de la Fraternité (près des ateliers des Capucins).
  • Le 5 avril, Lucie Lautrédou, un sauveteur et un jeune Togolais qui a vécu cet enfer avant d’arriver à Brest, témoigneront à partir de 17h pour le public, à l’auditorium des Capucins (195 places, inscriptions conseillées). L’après-midi, des lycéens brestois viendront écouter ces témoignages poignants et plein d’humanismes.

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