Commémoration, souvenir, Culture

Centenaire 1917 : les rues de Brest replongent dans l’histoire

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Une soixantaine de photos, pour la plupart inédites ou peu connues, parent les rues de la ville de Brest, du port de commerce jusqu’à Pontanezen. L’occasion de s’immerger dans le quotidien de l’un des principaux ports de débarquement des Américains entre 1917 et 1919.

L’exposition répartie en 17 stations, a le mérite de sortir les archives de l’ombre pour les projeter dans la rue et interpeller les passants. «A travers cette opération du centenaire de la première guerre mondiale, il  s’agit de se souvenir et non de se satisfaire, rappelle Gaëlle Abily, adjointe à la Culture. Ce travail mémoriel qui s’inscrit dans notre candidature au label Ville d’art et d’histoire se transmet ainsi aux jeunes générations. »  

Connue mais peu détaillée, cette  période bénéficie aujourd’hui de travaux de recherches qui mettent davantage en valeur la vie quotidienne, l’impact sur la vie sociale (les femmes notamment) et les frictions, que la présence de 800 000 soldats en trois ans - dans une ville de 80 000 habitants - ont pu engendrer. Ainsi, « la venue du président Wilson en décembre 1919, fêtée par la Ville qui demandait à pavoiser les rues et habitations, aurait été perturbée par des ouvriers syndicalistes selon l’historien Alain Le Moigne », précise Christine Berthou-Ballot, directrice du service Patrimoine de la Ville.

Camp, hôpital, station-service…

Les visuels ont été sélectionnés par les Archives de Brest en lien avec le service Patrimoines. Tous témoignent de l’impact de la présence américaine, à travers son camp de Pontanezen bien sûr (800 baraquements, 4 à 5 000 tentes) mais aussi son hôpital rue de Kerfautras, au couvent des Carmélites dont il reste une arche visible, ou la première station-service, ouverte au port de commerce du fait de l’importation de nombreux véhicules motorisés américains. « On y remarque sur ces photos d’armée, que les noirs américains sont toujours relégués dans des coins des photos, de préférence dans l’ombre », souligne Hugues Courant, du service des Archives.

Les clichés sont issus des archives de Brest, des archives de la Réunion des musées nationaux, de la Bibliothèque nationale de médecine américaine et des Archives nationales américaines.

Et aux Ateliers des Capucins

Par ailleurs, côté Recouvrance, l’exposition grand format Boys in Brest couvre les hauts murs  des Ateliers des Capucins. Ces images sont extraites de films d’archives américains tourné en 1917 et dont la Cinémathèque a fait l’acquisition. Ces fillms en cours de numérisation feront l’objet de ciné-concerts commentés par l’historien Alain Boulaire à la rentrée.

Du 22 juin au 17 septembre, de 10 h à 19 h, gratuit.

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