Jeunesse, Culture, Santé

A Passerelle, la musique adoucit les maux

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En permettant à des enfants sourds et malentendants du groupe scolaire de la Pointe, à Brest, de vivre une riche expérience artistique, le centre d’art Passerelle et l’association Penn ar Jazz affirment à quel point l’art est un langage universel.

Ils s’appellent Leyla, Eugénie, Johan, ou Noah, et partagent un point commun : sourds ou malentendants, ils participent à des ateliers conçus par le centre d’art contemporain Passerelle et l’association Penn ar Jazz. « Nous avions déjà mené des travaux avec l’école inclusive de la Pointe, à Brest, où les enfants sont encadrés par l’association finistérienne des déficients auditifs, explique Janick Tilly, directrice de Penn ar Jazz. Et elle a proposé de nous réunir, avec Passerelle, pour que nos compétences servent aux enfants dont elle s'occupe. »

C’est ainsi qu’est né le projet Dadascopes, dans le cadre d’un appel à projets du conseil départemental du Finistère, et d’une convention entre l’agence régionale de santé et la DRAC Bretagne. 

Et les corps vibrent

Menées avec des artistes associés de Penn ar Jazz, les trois matinées de travail ont accouché de beaux moments, tournant autour d’une question centrale : comment faire ressentir et vivre la musique à des enfants souffrant d’un handicap auditif ?

Une problématique a priori insoluble, et pourtant... Entre siestes et massages sonores, et expériences autour des sons graves et aigus, et la manière dont ils font réagir l’environnement, le résultat est là : les corps de ces 12 enfants, de 5 à 12 ans, ressentent les vibrations des basses ou le piquant des aigus. Et chacun à sa manière, selon la lourdeur de son handicap, de vibrer, et de confirmer le beau sentiment de Julien Desprez, guitariste : « Quand une porte se ferme quelque part, le corps en ouvre d’autres. Ce que ces enfants n’entendent plus avec les oreilles, ils le ressentent partout ailleurs. Et c’est génial, quand tu t’aperçois que le rapport aux sons existe encore et toujours, malgré tout ».

Les Dadascopes se poursuivront en avril et mai. Le même groupe d’enfants poursuivra son aventure artistique avec des plasticiens ou une architecte. Une fois achevé, le projet sera présenté au grand public le 8 juin, à l’occasion des 30 ans du centre d’art Passerelle

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