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L'architecture

Vauban

En 1694, après l’achèvement de l’enceinte qu’il a conçue pour Brest, Vauban trace un plan idéal qui fera autorité pendant un siècle. Sans toutefois redresser les îlots existants, il quadrille les espaces vierges de l’intra-muros selon un axe Nord-Ouest / Sud-Est reliant le noyau urbain d’origine à la porte de Landerneau, axe recoupé par des rues parallèles aux fortifications. Il détermine des îlots géométriques qui seront d’une grande stabilité dans le temps. C’est ainsi que Georges Milineau puis Jean-Baptiste Mathon, pour les Plans d’Aménagement (1920) et de Reconstruction (1943) de Brest s’appuyèrent chacun sur ce plan en damier du 17ème siècle.

Choquet de Lindu (1712-1790)

Sous la direction de Choquet de Lindu à partir de 1734, l’arsenal est habillé d’imposants édifices qui donneront pour longtemps un majestueux visage aux deux rives de la Penfeld : le corps de garde de la Pointe, les trois formes de Pontaniou (1742 à 1757), les forges des armes et constructions navales, les magasins, les corderies, les ateliers, le bagne… Un moment arrêtés pendant la guerre de sept ans, les travaux sont très activement repris dès la signature de la paix. En 1790, l’arsenal est devenu un grand ensemble industriel où sont rassemblées, sur les deux rives de la Penfeld, toutes les installations nécessaires à la construction, à l’armement et à l’entretien des navires et où travaillent 10 000 ouvriers aux multiples métiers.

Jean Baptiste Mathon (1893-1971)

Il engagea ses études d’architectes à Lyon.
Devenu élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, il obtint le 1er grand prix de Rome d’Architecture en 1923. Architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, il eut en outre un exercice privé qui le vit réaliser la nouvelle salle Pleyel d’Aubertin et de Granet, l’Ecole spéciale des Travaux Publics, le Palais de la Radio à l’exposition de 1937, ainsi que de remarquables bâtiments publics à Cachan. Il fut également professeur à l’Ecole spéciale du bâtiment et des travaux publics et titulaire d’un atelier à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts.

A Brest, il élabora le plan de Reconstruction, secondé par Maurice Piquemal, inspecteur général des Ponts et Chaussées (1902-1995). Mathon édifia aussi la cité scolaire de Kérichen, le centre culturel (Bibliothèque, Auditorium, Ecole des Beaux-Arts, Ecole de Musique), les bâtiments administratifs des Douanes au port de commerce. Situé dans le square qui porte son nom, le monument aux morts qui achève la perspective de la rue de Siam est également son œuvre.

Du Pont Tournant au Pont Levant

Dans son plan d’aménagement de Brest, Mathon prévoit la réalisation de deux ponts principaux afin de faciliter les relations entre les deux rives de la Penfeld : l’un mobile (l’actuel pont levant de Recouvrance), l’autre fixe (l’actuel Pont de l’Harteloire). A l’emplacement de l’actuel pont de l’Harteloire existait un pont transbordeur de 200 m de long et 40 m de haut. Endommagé en 1944, il fut démonté en 1947.

Au niveau de Recouvrance, le pont levant a succédé à un pont tournant métallique et à deux volées, inauguré en 1861, et sous lequel avait été réalisé en 1856 le célèbre petit pont Gueydon (cher au légendaire Jean Quéméneur), du nom du Vice-Amiral qui en commanda la réalisation. Chaque volée de fer prenait appui sur une pile de maçonnerie et tournait sur une voie de galets coniques : quatre hommes suffisaient à la manœuvre.

Le pont fut détruit lors des bombardements et des combats de Libération. Plusieurs projets furent proposés pour le remplacer et un pont levant fut finalement adopté. L’ouvrage comporte une travée métallique levante et descendante (jusqu’au niveau de la rivière), équilibrée par quatre contrepoids en béton, situés dans quatre tours de béton armé. Chaque tour mesure 61 m. Le pont fut inauguré en 1954.