Allez au contenu, Allez à la navigation

  • Télécharger cette page en PDF
  • Imprimer
  • Envoyer par email

Emmanuel Le Borgne, à l’école des géants des mers

 

En ce frais matin de janvier Emmanuel Le Borgne se veut zen. « Ne pas savoir quand on part fait partie du jeu ». Ni stress ni angoisse avant le départ de Banque Populaire V.

Le maxi trimaran hors normes de Pascal Bidégorry, après le double record de la traversée de l’Atlantique Nord (3 jours, 15 heures, 25 minutes) et des 24 heures à la voile (908 milles), s’apprête à s’attaquer au trophée Jules Verne détenu par Bruno Peyron. Le bateau, fin prêt, ne demande qu’à bondir dès que se présentera la fenêtre météo propice.

Emmanuel est « le » Brestois de l’équipage et aussi le plus jeune après Kévin Escoffier. Mais à 32 ans, il possède déjà un parcours de chevronné. Après des gammes on ne peut plus classiques, il court avec quelques monuments de la voile : Kersauson (Geronimo), Le Cam (Bonduelle), Guillemot (Biscuits La Trinitaine) et Desjoyeaux (Géant) avec qui il remporte en 2007 la transat  en double Jacques Vabre en monocoque. « C’est un long cheminement avec des opportunités. On se connaît tous, des affinités se créent, puis des attirances sur certains types de projet. »

Pas étonnant donc qu’il accepte de faire partie du Team Banque Populaire en 2008. Il connaît la rigueur du Basque Bidégorry et la qualité de l’équipage. Et il sait aussi que le bateau est taillé pour les records. Après ceux sidérants de l’Atlantique en 2009, la tentative de faire le tour du monde en moins de  50 jours, 16 heures et 20 minutes n’est pas une mince affaire. « On passe du sprint au marathon, on ne gère pas une machine sur trois jours comme sur cinquante. Regardez les soucis de Groupama de Cammas. A conditions égales, les bateaux d’aujourd’hui sont plus performants mais le facteur météo détermine tout. La problématique première c’est de finir sans dommage. »
A bord, son rôle sera celui de chef de quart barreur avec Escoffier. En outre, il exercera conjointement avec Florent Chastel celui de responsable médical. « Nous serons les yeux et les mains des médecins qui coordonneront à terre. Pour cela nous avons été en stage à l’hôpital de Quimperlé avec des médecins urgentistes et avons été confrontés à leurs tâches quotidiennes, comme faire des points de suture. »

L’équipage comporte deux membres déjà détenteurs du record, Yann Eliès et  Florent Chastel, qui sont parfaitement au courant de ce qui les attend, notamment dans l’autre hémisphère. Pour Emmanuel en revanche, les mers du sud constitueront une aventure : « Elle vaut le coup d’être vécue. Ceux qui y sont allés veulent y retourner. »


Tous les portraits et interviews