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01/04/2010

Deux siècles plus tard, les graines de l’expédition La Pérouse enfin à Brest !

Ecologie urbaine

L’histoire et la botanique font bon ménage dans les germoirs du Conservatoire botanique de Brest. Lequel vient de « récupérer » six graines de banksia, une plante d’Océanie. Six graines miraculeuses puisque retrouvées sur l’épave de La Boussole, l’un des bateaux de La Pérouse, coulée en 1788.

225 ans après son départ de Brest, Monsieur de La Pérouse refait surface à la faveur d’une expérience végétale à forte valeur historique menée au Conservatoire botanique de Brest. Les scientifiques du Stang Alar viennent en effet de recevoir une lettre contenant six graines de banksia. Des graines que les naturalistes de l’expédition La Pérouse destinaient au Jardin Royal de la Marine de Brest… il y a plus de deux siècles !

Partis du port de Brest en 1785, les deux navires de l’expédition scientifique menée par l’officier de marine Jean-François de La  Pérouse connurent une destinée tragique au terme de trois années de mer. Pris dans une violente tempête, L’Astrolabe et La Boussole coulèrent brutalement devant Vanikoro, une petite île de l'archipel des Salomon.

D’abord sans nouvelles de La Pérouse puis pressentant le drame, la France envoya plusieurs expéditions à la recherche des disparus. Après plus de deux siècles de recherches obstinées, ces deux épaves furent localisées et une série de fouilles archéologiques, menées par l’association Salomon en 1986, sur l’épave immergée de La Boussole, permit de remonter à la surface de nombreux objets du bateau de La Pérouse.

Parmi eux, des boîtes en fer blanc contenant des graines d’une plante du genre banksia, collectés par le naturaliste du bord lors de la dernière escale à Botany Bay (Australie), ont été retrouvés sur l’épave. Après avoir séjourné près de 200 ans dans l’eau salée, puis avoir été conservées au  Musée d’Histoire Maritime de Nouméa, six précieuses graines viennent donc de rejoindre Brest, ville à laquelle elles étaient destinées.

Rayons X et recherche d'ADN

Outre la dimension symbolique de ce retour aux origines de l’Histoire, le Conservatoire va tenter d’exaucer, deux siècles plus tard, le souhait du scientifique de l'expédition La Pérouse qui avait prélevé ces banksias pour une remise en culture, en France, dans un jardin botanique. Avec le concours des chercheurs en biologie végétale de Vegenov à Saint-Pol de Léon, les scientifiques brestois vont désormais explorer les potentialités germinatives de ces témoins du passé. Y-a-t’il encore des cellules vivantes dans ces graines ayant séjourné plus 225 ans dans de l’eau de mer ? Le mystère est entier. Une ou deux graines vont donc faire l’objet de différentes analyses (rayon X, résonance magnétique nucléaire, recherche d’ADN…) puis seront cultivées in-vitro. Les scientifiques espèrent une germination. Après tout des graines de lupin arctique ont traversé des milliers d’années dans les glaces du pôle avant de fleurir de nouveau !