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Philippe Daré, président de Savéol : « 130 producteurs et plus de 2000 emplois derrière Sam Davies au Vendée Globe »

Philippe Daré (à gauche) en compagnie de François Cuillandre, président de Brest métropole océane, et de la navigatrice Sam Davies / Photo Yvon JézéquelPremier groupe en France spécialisé dans la tomate, Savéol et ses 130 producteurs ont choisi Samantha Davies et le Vendée Globe pour promouvoir une coopérative née voici 30 ans. Entretien avec Philippe Daré, président de la coopérative Savéol et producteur de tomates à Guipavas.

Pour la première fois, Savéol est sponsor principal d’un candidat au Vendée Globe, la course autour du monde en solitaire la plus médiatisée. Comment votre coopérative est-elle arrivée à ce choix ?

Le monde nautique et la voile ne nous sont pas inconnus. Pendant deux années, nous avons été partenaires de Romain Attanasio en Classe Figaro. Notre nouvelle aventure a démarré lorsque Samantha Davies est venue, en avril 2009, présenter son tour du monde en solitaire à l’assemblée générale. Au-delà de sa performance sportive, j’avais constaté qu’elle se démarquait par sa vitalité, sa spontanéité et son dynamisme. Il y avait eu aussi la scène où elle montrait une barquette de tomates Savéol, parmi les derniers légumes qui lui restaient à bord. À l’époque, on ne la connaissait pas encore.

Un coup de cœur ?

Le courant est très vite passé avec les producteurs lors de cette première rencontre. Samantha et Romain nous ont alors tendu une perche sur le fait que beaucoup de monde s’intéressait à elle et qu’il lui fallait un bateau neuf pour le prochain Vendée Globe. Au bout de nos échanges, on a mis les chiffres sur la table tout en s’assurant de la présence d’autres partenaires. Du coup, on a repris l’ancien bateau de Roland Jourdain, qui n’est pas de la dernière génération et qu’il a fallu aménager pour l’adapter à son nouveau skipper.

Le pari devient une vitrine, puisque Samantha Davies est la seule femme au départ. Un plus ?

Quand on a choisi Samantha, nous n’avions pas l’idée qu’elle serait la seule femme à prendre part au Vendée Globe. Je suis sûr qu’elle-même aurait préféré avoir d’autres filles sur la ligne de départ. Du coup, elle sera la seule et c’est une véritable aubaine pour Savéol dans la mesure où elle attire la presse par son statut et ses performances, mais aussi par son petit accent anglais et parce qu’elle est très appréciée pour sa spontanéité.

C’est aussi un sacré enjeu pour une entreprise parmi les plus importantes sur BMO ?

Il y a en fait 30 entreprises derrière Samantha Davies, mais le seul nom de Savéol représente déjà 130 producteurs indépendants réunis en une coopérative qui fait travailler 2 000 personnes dans les serres et 270 autres dans les stations de Guipavas et de Plougastel-Daoulas. Nous avons fêté nos 30 ans, l’an dernier. Nous sommes le premier groupe en France  spécialisé dans la tomate. La coopérative se sent bien et nous sommes reconnus comme des précurseurs et comme des leaders dans l’innovation pour ce qui concerne la culture de la tomate. 

Une filière en pleine forme ?

C’est une filière qui connaît des hauts et des bas, mais nous avons toujours des jeunes qui s’installent, une moyenne de trois à quatre, ces dernières années. Pour 2013, il n’y aura pas d’élargissement de la production, mais des constructions nouvelles sont en cours pour démarrer une exploitation dès 2014.

Le cœur de Savéol bat sur BMO, mais l’ensemble du Finistère est concerné.

Notre activité est répartie sur le territoire finistérien mais particulièrement sur Brest métropole océane. Sur les 200 hectares de serres Savéol, une centaine est installée sur les communes de Guipavas et de Plougastel-Daoulas. En fait, 140 hectares sont concernés sur BMO. Nous avons aussi des producteurs à Landunvez, Plouénan, Taulé, Loperhet et Briec, où une installation vient d’être réalisée en se fournissant en chaleur directement à l’incinérateur de déchets.

Que pèse Savéol aujourd’hui ?

Aujourd’hui, Savéol commercialise 80 000 tonnes de tomates, 1650 tonnes de fraises et 700 tonnes de concombres. Le tonnage n’est pas le fer de lance de la coopérative, mais bien la segmentation de notre gamme qui comprend 20 variétés de tomates. Nous en sommes les spécialistes en France.

L’innovation est un peu la marque de fabrique de Savéol ?

Nous avons le handicap d’être au bout du monde, l’exigence nous convient, les défis aussi. Lors d’un salon à Moscou, nos commerciaux ont réussi à placer nos produits. Un camion vient de partir. C’est une réponse possible pour les moments où nous avons besoin d’autres marchés où expédier les volumes produits. Sur les 27 000 mètres carrés du site de Kervao, la  mécanisation pour l’expédition de nos produits est au top. Notre concept de mise en barquettes est également en avance. Savéol possède aussi une serre expérimentale où sont à l’essai 250 variétés de tomates où nos spécialistes poursuivent leurs recherches autour des couleurs ou des formes, notamment l’allongement.

Il y a aussi votre stratégie d’utilisation des insectes dans les serres qui va profiter d’un nouvel équipement.

Dès 1983, Savéol a lancé ses premiers élevages d’auxiliaires de protection des cultures pour éviter les traitements chimiques. L’un est installé à Guipavas pour les insectes protecteurs, l’autre à Plougastel-Daoulas pour les bourdons pollinisateurs. Les bâtiments vieillissaient et nous manquions d’espace. On les réunit désormais sur le site de Kervao pour en faire une véritable vitrine pour la région. Les travaux ont démarré en août 2012, pour une livraison au printemps prochain et un coût de 2,4 millions d’euros qu’il faut rapprocher du million d’euros que nous consacrons chaque année aux investissements matériels.

Quelles retombées attendez-vous du Vendée Globe ?

Comme la course du Vendée Globe est un peu à contresaison  pour nous - nous ferons nos dernières cueillettes quand les bateaux quitteront les Sables-d’Olonne et elles ne reprendront qu’en mars - nous avons ajoutés tomates et fraises derrière le nom de Savéol. Aux beaux jours, on espère que nous retrouverons notre place naturellement dans les têtes de ceux qui auront suivi la course de Samantha au tour du monde.


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