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Objectif NASA pour Bernard Stervinou

Dans son atelier du lycée Vauban, on le trouve au milieu d’un enchevêtrement de coques, de fuselages et de prototypes insolites. Bernard Stervinou, c’est le professeur et la mémoire des lieux. Depuis 1984, il enseigne les matériaux composites à l’IUT de Brest le jour et rêve d’étranges machines la nuit. 

Petit retour en arrière : 1984, c’est la rentrée à l’IUT de Brest et déjà son premier gros chantier. Avec son épouse, Bernard Stervinou se lance dans la construction d’un avion, d’après un plan américain qu’il a acheté. « Il était révolutionnaire par sa forme, insiste le Géo Trouvetou brestois qui va travailler 5 000 heures sur ce projet. L’avion est à Guipavas et je vole toujours avec ».
Après ce premier essai, il passe la vitesse supérieure : « Il y a une dizaine d’années, j’ai commencé à développer un nouvel avion ». Il sollicite ses élèves qui foncent tête baissée dans cette aventure. « Avec cette réalisation, je mets en œuvre des procédés de fabrication qui n’existent pas. Je les développe et les mets entre les mains des étudiants. Cela devient leur carte de visite ». Ce nouvel avion, qui ne vole pas encore, « mais il volera car il y a des industriels qui me suivent ».

Après les avions, place aux bateaux, ou plutôt aux créations flottantes de Bernard Stervinou. Dans un coin de l’atelier, on découvre le Nij Atao (« vole toujours » en breton) réalisé en 1994. Ce bateau à foil (une aile sous-marine), se conduit comme un avion et se pédale… comme un pédalo. L’embarcation, une fois lancée, donne l’impression de voler sur l’eau. Derrière, le petit frère, un hydroptère solaire, n’attend plus que des cellules solaires pour quitter l’atelier et vaguer à d’autres occupations.

Mais la grosse actualité du moment, c’est le Green Flight Challenge, un concours lancé en juillet 2009 par la NASA, l’agence spatiale américaine, pour encourager la conception d'avions à haut rendement énergétique et peu polluants.
« C’est Paul Lucas, architecte naval et aéronautique et encadrant à l’Ensieta qui a lancé le projet, explique Bernard Stervinou. Le principe : on part d’un aéroport, on parcourt 320 km à une vitesse minimale de 160 km et on voit qui consomme le moins de carburant ». Le professeur dévoile quelques pistes de réflexion. Pour la propulsion : « Ce sera un moteur diesel de Smart, alimenté par un fuel aux algues. Comme la voiture, mais adapté aux exigences de l’épreuve. Le fuselage, lui, sera fabriqué en contre-plaqué. Pour le reste… l’épreuve débutera le 11 juillet prochain.


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