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Yves Le Du ou la danse de la filiation

Enseignant à l’école de Bohars, ardent défenseur de la danse au sein de l’école depuis 25 ans, Yves Le Du est un passionné. Même ses enfants ont attrapé le virus. Pour le festival Entrendanse, il dansé avec ses quatre fils sur la scène de l’Agora à Guilers. 

Danser avec ses propres enfants sur scène ? « Une réjouissance et un pari », sourit Yves Le Du. Pour la douzième édition du festival Entrendanse, qui vient de se dérouler à Guilers, l’instituteur de l’école publique de Bohars s’est finalement décidé à présenter ce projet pas facile à mettre sur pied. « C’est une enseignante de l’école qui m’a proposé cela il ya quatre ou cinq ans. Et elle me relançait chaque année. J’étais un peu réticent car je n’aime pas m’imposer, me mettre en avant ». Ce sont finalement ses quatre garçons (14, 16, 18 et 21 ans) qui vont achever de le convaincre de se lancer dans l’aventure. « Ils étaient hyper motivés. Ce sont eux qui m’ont poussé ».

Commence alors un patient travail d’écriture et de répétition. Surtout que les quatre garçons n’ont pas une pratique permanente de la danse. L’aîné n’était pas monté sur scène depuis longtemps, « mais c’est resté ancré en lui. Je leur ai demandé de reprendre un temps de danse que chacun avait travaillé auparavant », explique le papa chorégraphe qui souhaitait une création mettant en scène leur complicité, mêlant « unicité et diversité ».

De là est né « Si Robert savait… », un spectacle écrit dans l’optique de la transmission. Transmission père-fils, bien sûr, mais aussi entre culture rurale et culture urbaine. Se souvenant de son enfance à la ferme, Yves Le Du s’est nourri de ces deux cultures pour composer cette chorégraphie. « On retrouve l’idée d’ambiance rurale, mais aussi urbaine avec la musique, le sport ». Des maillots de foot font leur apparition au sein de cette « tribu, un début d’équipe de foot… ».

Depuis le lancement de ce projet, le père a pu mesurer ce que ce moment partagé a pu apporter à ses enfants. « Il s’est passé quelque chose, ça les a encore plus rapprochés ». Lui était forcément « tendu » avant de monter sur scène. « Déjà, ce n’est pas évident de monter sur scène en mettant en avant une partie de soi-même. Mais là, c’est encore moins évident car il y a une proximité affective ». Et une double casquette de père et de chorégraphe à assumer. « Il faut être exigeant ».

Depuis 25 ans qu’il participe au développement de la danse à l’école, et au sein de l’association Escabelle, Yves Le Du en a vu passer des moments de danse originaux ou émouvants. Mais celui-là était forcément à part. « Car cela touche à la famille. C’est l’une des plus belles aventures de ma vie ». Une aventure qu’il aimerait prolonger en présentant ce spectacle sur d’autres scènes. Tout en songeant à de futures ramifications. « J’aimerais demander à des chorégraphes de mettre en scène leurs enfants, ou des proches ». Et même, « avant de partir en retraite », de réunir sur scène tous les gens avec qui il a travaillé. Une autre famille… pour un nouveau pari.


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