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Le Vauban, 50 ans d’impertinence

Charles Muzy, le fondateur du Vauban, et Tino Tossi / Photo DRUn demi-siècle ! C’est l’âge de la salle de concert du Vauban, la fameuse « Redoute », que de nombreux Brestois ont fréquenté au cours des années 60. Restée dans son jus d’origine, ou presque, elle fait aujourd’hui le bonheur des mélomanes de tout poil et des artistes de passage qui n’en reviennent pas de la beauté des lieux, son ambiance délicieusement rétro et le sens de l’accueil si particulier.

Mais l’histoire du Vauban n’est pas né avec la Redoute. Il faut remonter au début du siècle avec l’auberge du Cheval Blanc située rue Algégiras, juste derrière la Poste centrale, pour bien comprendre la « saga » du Vauban. C’est suite au dynamitage de leur hôtel-café-restaurant par les Allemands en 1944 que la famille Muzy engage les travaux pour l’édification d’un nouvel établissement le long du boulevard Clémenceau. Le Vauban ouvre ses portes en 1950 alors que la ville panse encore ses plaies. C’est un hôtel moderne, « tout confort », très bien situé entre la gare et la place de la Liberté dont l’une des premières clientes est Mistinguett. Suivront Bourvil, Tino Rossi, Yves Montand, Sydnet Bechet et bien d'autres. Le livre d’or du Vauban garde en mémoire le passage de tous ces artistes venus dormir à l’hôtel dans ces années d’après-guerre. Les cyclistes du Tour de France aussi, ou l’équipe de France de Boxe.

C’est véritablement en 1962 que la légende du Vauban prend de l’ampleur avec l’ouverture d’une salle de danse dans les sous-sols nommée  la Redoute. Charles Muzy senior y avait pensé dès 1948, alors qu'il dressait les plans de son futur hôtel. Mais c'est son fils Tonio qui réalise ce rêve en se lançant à corps perdu dans la grande aventure du bal. Tous les week-ends, la Redoute va résonner au son de la musette puis au rythme des accords binaires du rock jusqu’en 1971, date à laquelle Tonio jette l’éponge, épuisé. Le Vauban dans les années 50, notez les fils aériens du trolley... bien avant le tramway ! / Photo DR

Plongé dans un sommeil léthargique pendant les années 70, le jeune Charles, le fils aîné de Tonio, va relancer les concerts à partir de 1985. Les Brestois redécouvrent alors une salle inchangée avec ses posters jaunis, son mobilier d'époque et son parquet en bois. Le Vauban va, au fil des années, accumuler une histoire à la fois tumultueuse, riche et attachante. Léo Ferré, Miossec, Stephan Eicher, Jane Birkin ou Yann Tiersen se font les porte-paroles de ce lieu unique en France. Les concerts s’intensifient dans tous les styles, du jazz au metal, mais aussi le théâtre, la danse, les projections, les colloques et bien sûr le fameux bal du samedi soir. Il se passe toujours quelque chose au Vauban !

Tous les artistes français connaissent le lieu. La plupart y ont joué et apprécient la formule trois en un : jouer-manger-dormir. Et Charles, infatigable, gère d'une main de maître son établissement depuis bientôt trente ans, jonglant entre les concerts, la gestion de l’hôtel et les menus du restaurant. Il a engagé de lourds travaux de rénovation en prenant bien soin de conserver la mémoire des lieux, le petit côté kitsch qui plait tant aux Brestois.

La vieille Redoute fête donc ses 50 ans. L’occasion d’un livre et des grandes festivités au cours desquelles on pourra retrouver sur scène tous ceux qui ont participé à son histoire, des années soixante à nos jours.  


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