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Jean-François Coatmeur, au cœur du suspense

Avec « Une écharde au cœur », son 25ème livre, l'écrivain installe sa nouvelle enquête dans son village natal de Pouldavid-sur-Mer, près de Douarnenez. Rencontre avec un maître du suspense, installé à Brest.

Que représente « Une écharde au cœur » dans votre œuvre déjà importante ?

C'est un clin d'œil à Pouldavid. Le plus important était de placer une intrigue dans mon village natal, un petit port de pêche qui a été défiguré et reconstruit avant d'être intégré à Douarnenez. Mon souhait était de reparler de ces gens et d'opérer une sorte de retour à l'enfance. J'ai d'ailleurs un nouveau projet de livre sur Pouldavid avec une intrigue qui passe dans les années 1940. Je crois que la pression de l'enfance se fait plus forte au fil des années.

Comme toujours chez vous, on retrouve la même imbrication de fausses pistes, de manipulations et de rébellion.

Oui, il y a également un coup de griffe à la société bourgeoise, un rejet du fric. Avec l'argent, les qualités et les défauts sont démultipliés. Je suis un rebelle ? J'aime beaucoup ce mot. J'ai appris qu'un cousin de mon père était un anarchiste au grand cœur, ce qui devient de plus en plus rare. Comme ma famille est plutôt conservatrice, le côté rebelle et très généreux de ce cousin m'apporte un puissant réconfort.

Pour le professeur de lettres classiques que vous avez été, on retrouve forcément des liens entre le roman à suspense et le tragique ancien ?

Je suis imprégné de culture classique, c'est tout naturellement qu'elle se retrouve dans mes livres. Quel que soit le sujet, il y a toujours l'inspiration de la tragédie qui apporte des règles de bon sens : les péripéties, le dénouement, la clarté et la construction. Et comme les personnages des tragédies anciennes, les miens ont leur part d'ombre et de lumière.

Si le lien paraît évident, vous avez pourtant dit que vous étiez venu au roman à suspense par hasard...

Apparemment, c'est le hasard. Il y a eu des rencontres qui ont compté, comme Thomas Narcejac qui m'a fortement encouragé, ou un ancien directeur du Centre Dramatique de l'Ouest. Mais je pense que je serais quand même arrivé là où j'en suis car avant de faire ces rencontres, j'avais déjà écrit des pièces de théâtre et un roman. Quelqu'un m'avait dit que mon avenir était dans le théâtre. Pour Narcejac, c'était dans le roman criminel.

Et la place de la Bretagne dans vos romans ?

J'y suis né et j'ai choisi d'y vivre. La Bretagne m'apporte des décors extraordinaires, mais j'ai déjà emmené mes lecteurs en Alsace. Une ville comme Brest offre des tas de possibilités pour les mystères. Et puis la mort est très présente dans la culture bretonne, il me reste des images de ma propre enfance. En fait j'ai un double héritage né de la culture bretonne et de la culture gréco-latine.


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