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Jacques Jousseaume : « Brest, une ville de décors, une ville de tournage »

Ancien joueur de foot mais toujours commentateur de foot sur Tébéo, le brestois Jacques Jousseaume a finalement fait de sa seconde passion, le cinéma, un métier. Il est aujourd’hui régisseur général auprès des équipes de production de courts et longs métrages. Dans sa filmographie : Dolmen, Châteaubriand, King Guillaume et Les Seigneurs. Rencontre avec un facilitateur.

En quoi consiste votre métier ?

Je suis « repéreur » de décors intérieurs et extérieurs et régisseur général pour les tournages de films, courts ou long métrages. Dès que je suis sollicité pour participer à une production, je me charge de trouver les décors, les sites, les ambiances qui participent au scénario du film. Il m’arrive aussi de suggérer à la production des lieux de tournage plutôt que d’autres ! Molène et Brest étaient vraiment les sites obligés pour Les Seigneurs.

Comment êtes-vous sollicité ?

La Région Bretagne a créé Films en Bretagne qui est intègre une structure d’accueil et d’information pour les porteurs de projets, qu’il s’agisse de courts ou de long métrage, de films publicitaires… Je suis dans leur carnet d’adresses et j’ai aussi le mien !

Une méthode de travail ?

Première étape le scénario, à lire plusieurs fois afin de cerner le contexte du film et de discerner tous les milles petits détails qui composent chaque séquence intérieure et extérieure. C’est ce qu’on appelle le dépouillement. Un plan peut se dérouler dans une cabane en bois canadienne au Centre Bretagne, ça peut se trouver ! Dix pages plus loin, l’auteur a prévu une autre scène sur le balcon de la cabane ! Ce fut plus difficile à trouver. En gros, il faut compter un minimum de trois mois de boulot avant le premier clap.

Des trucs et astuces ?

D’abord un gros carnet d’adresses. La Jaguar des Seigneurs, pas n’importe laquelle, a été trouvée grâce à un copain d’un copain. L’acheminer par barge à Molène fut aussi une sacrée paire de manche… et de relations. 

Les demandes les plus incongrues ?

Une prison en Ecosse, ce fut finalement celle de Pontaniou à Brest. Un décor suisse, un plan verdoyant dans la Creuse ? Du côté des Abers, cela se trouve ! La route touristique Porspoder-Argenton m’a aussi souvent dépanné. Pour le téléfilm Chateaubriand, il a fallu reconstituer la Chambre des Députés à Brest. Un beau souvenir et une belle collaboration avec les gens du Parc de Penfeld.

Les situations les plus inattendues ?

Pour le tournage des Seigneurs, il a fallu fabriquer de la pluie car il faisait un temps magnifique au printemps 2011 à Molène. Pour ce qui fut sans doute le premier long métrage tourné à Brest, Remorques de Jean Grémillon, des moteurs d’avion et les lances des pompiers arrosaient aussi Jean Gabin dans les escaliers du Cours Dajot ! 

La plus difficile ?

Un réalisateur avait tourné un plan à Prague avec calèche et chevaux. Une scène d’époque comme on dit. La suite était tournée à Brest. Pour être complètement raccord avec la scène, les Tchèques espéraient bien être invités à Brest, équipage compris. Pour des raisons financières, la production du film a freiné des quatre fers… J’ai finalement trouvé la même calèche du côté de Sibiril, dans le Finistère Nord !

Vous participez aux tournages ?

Je fais l’interface entre la production, l’équipe de tournage et les acteurs locaux. Le réalisateur ou les comédiens, le chef opérateur qui fait l’image ou le chef de file qui gère les figurants, tous ont toujours besoin d’un petit coup de main pour avancer. En fait, il s’agit pour moi de rendre un tournage moins compliqué.

Brest, ville de tournage ?

Et comment, c’est une formidable ville de décors. Il y a tout ici : une rade et d’incroyables lumières, la proximité avec la mer et les îles. Surtout des sites uniques : la Penfeld, Recouvrance, un Château, le cabaret Vauban, des ports et des bateaux de toutes sortes, une base militaire, et surtout une architecture très particulière. Il y a ici des façades que l’on ne voit pas ailleurs. Et puis, on ne le mesure pas quand on y vit, mais toutes les équipes de tournage apprécient une certaine ambiance dans cette ville. 

Atmosphère, atmosphère ?

Oui un peu. Toutes les équipes trouvent agréable de tourner à Brest. La qualité d’accueil est excellente. La Région, le Département, la Ville de Brest mettent ce qu’il faut pour accueillir les équipes de tournage et faciliter leur travail. Et sur place, on trouve toutes les compétences et beaucoup de facilité du côté de la Marine, de la Chambre de commerce, de la mairie… Et on connaît tous quelqu’un qui connaît quelqu’un !

Un atout pour Brest ?

Enorme. En terme d’image bien sûr. La sortie des Seigneurs va nous apporter un gros coup de projecteur. Sur le plan économique aussi. 90 personnes composaient l’équipe des Seigneurs. Certains sont restés un jour à Brest, comme Gad Elmaleh. Beaucoup d’autres deux mois ! Ce qui signifie des nuits d’hôtels, des transports, des dépenses de logistique… Entre 600 et 700 figurants ont aussi été recrutés à Molène et à Brest. Cela doit faire plusieurs milliers d’euros, voire millions, dépensés sur place !

Des projets ?

Deux films allemands en préparation. Les producteurs allemands aiment beaucoup la Bretagne. J’écris aussi des scénarios, on verra bien…

 


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