Allez au contenu, Allez à la navigation

  • Télécharger cette page en PDF
  • Imprimer
  • Envoyer par email

Christian Desnos, le G pas léger des Goristes

Même s’il a depuis longtemps trouvé son havre de paix au fin fond de la presqu’île de Plougastel, Christian Desnos demeure indéfectiblement brestois. Lui qui a été « arpète » de l’arsenal, luthier et pêcheur, conserve le côté frondeur et libertaire qui est l’essence de l’esprit « zef ». Aujourd’hui, plus de 25 ans après les débuts de Cabestan, le G pas léger des Goristes, alias le « chétif », occupe toujours largement le devant de la scène et continue de faire rire et de chanter les marins et la mer.

 

 


Adolescent, quelles étaient vos références musicales ?

Georges Brassens, Graeme Alwright, Hugues Auffray et aussi Bob Dylan, Peter Seeger, Woody Guthtrie.

Quels ont été les premiers instruments de musique que vous avez eus entre les mains ?

Un harmonica à six ans puis une guitare. J’ai été ramassé les patates pour me la payer. Je l’ai encore aujourd’hui. Puis à 20 ans, l’accordéon diatonique.

Vos premières interprétations de chants de marins ?

Dans les années 70, avec des copains dont Yvon Etienne et Jean-Paul Férec, on allait au Styvel de Robert Joubin. Beaucoup de chanteurs brestois y ont débuté. C’était une bonne école.

Quelle a été la genèse de Cabestan ?

La première date, c’est Pors Beach, en 1980. En 1982, c’était sous le nom de Cabestan mais encore un peu informe, et en 1983 ce fut le premier album avec un beau dessin de François Bourgeon.

Le chant de marin, n’est-ce pas un peu macho ?

Avec l’album « Femmes de marins » on a voulu casser l’image de la femme de marin assise au bout du môle, attendant son mari. Ne pas oublier l’humour, mais aussi le fait que les chants de marins, ce sont souvent des chansons tristes. Ils en chiaient sur les bateaux, loin de l’image fausse du marin en tricot rayé.

Pour quelles chansons de Cabestan avez-vous un faible ?

Dans chaque album, il y en a plusieurs qui me touchent. Au début c’était des chants plus traditionnels. Après, on a fait des choses plus actuelles comme « Tempête pour sortir » que j’ai écrite en 1995 au moment de la crise de la pêche.

L’ère Goristes ne vous a pas détourné de vos premières amours ?

On continue toujours. Avec Jean-Paul Férec et Patrick Audoin, on a créé un petit trio « Les crabes à terre ». On fait quelques cabarets.

Etre le G du groupe, est-ce un point d’honneur ?

C’est un hasard. Le jour où on commencé, je me suis retrouvé sur le G.

Vous attendiez-vous à durer aussi longtemps et à enchaîner les albums ?

Franchement non ! Même s’il y avait de la demande. On vient de sortir « A fond la caisse », le huitième album.

Aimeriez-vous changer votre apparence physique et devenir chétif pour de vrai ?

Sûrement pas ! Pour être viré des Goristes ? Je ne peux pas me plaindre de mon surnom, c’est moi qui l’ai trouvé.

Vous sortez toujours en mer ?

En 1995, j’ai vendu mon bateau, un coquiller de la rade, à un copain qui l’a gardé huit ans et qui me l’a revendu un euro symbolique. Je l’ai gréé à la voile et il a repris son nom de Caroline-Charlotte, le prénom de mes deux filles.

Le trait principal de votre caractère ?

Grande gueule. Mais on me paye pour ça.

Qu’appréciez-vous le plus chez vos amis ?

L’humour, la rigolade en commun.

La faute que vous êtes prêt à pardonner ?

Arriver en retard. On ne cite pas de nom…

Le don de la nature que vous aimeriez avoir ?

Trente ans de moins !

L’objet que vous détestez ?

La pointeuse. J’ai donné à une époque.

Votre plat préféré ?

Il y en a plein. J’ai le plaisir d’avoir une épouse, excellente cuisinière, originaire du Gers.

Une couleur ?

Le noir… avec un peu de rouge.

En quels autres lieux pourriez-vous vivre ?

N’importe où mais au bord de la mer.

Et Brest dans tout ça ?

Déjà, j’y suis né, c’est toute ma vie, mes souvenirs, même si j’habite Plougastel. J’ai toujours été tourné vers la mer. Je suis nostalgique de ce que j’ai connu étant môme. Gamins, on allait sur la grève du vieux Saint-Marc avec le maillot de bain en laine. J’ai aussi vu faire la moisson dans le quartier de Kergrac’h, là où est le lycée Dupuy de Lôme. C’était la campagne. Aujourd’hui, je trouve que Brest manque un peu d’arbres et je revendique toujours la Penfeld aux Brestois.


Tous les portraits et interviews