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Avec Sylvie Ungauer, la création artistique roule de concert avec le tramway

Pour accompagner la mutation urbaine de l'agglomération brestoise, Brest métropole océane a fait le pari de la création artistique. Parmi les onze œuvres qui vont jalonner le parcours du tramway, celle de Sylvie Ungauer à la station Porte de Plouzané joue la carte de l'interactivité.

Une caméra, une vidéo montrant la représentation d'un paysage, et alimentée par des données fournies par Keolis sur l'activité des voyageurs et par des données climatiques de l'Institut Climsat : voici Data Horizons, le projet imaginé par Sylvie Ungauer et qui sera installé à la station Porte de Plouzané du tramway, du côté du Technopôle.

Entièrement graphique, interactif et en temps réel, cette œuvre d'art en extérieur explore la question du lien qui unit l'individu à son lieu de vie, au monde extérieur et aux systèmes de réseaux. « Ce projet relie quelque chose qui relève du contexte local (l'activité du tramway), avec quelque chose de plus large à l'échelle de la ville et à l'échelle mondiale avec les données climatiques », explique l'artiste.

Enseignante à l'École supérieure d'arts de Brest depuis 2005, après avoir vécu et travaillé en Allemagne puis à Orléans, Sylvie Ungauer ne pouvait que postuler pour ce « projet exceptionnel, comme on n'en fait pas tous les jours. C'est une très belle opportunité ». A Brest, elle continue de travailler sur la question de la représentation du monde. Surtout que la cité du Ponant lui évoque quelque chose « d'éminemment cinématographique, avec un style architectural qui navigue entre les années 50 et la modernité. Brest est une ville propice à la fiction, c'est un beau décor pour un film ».

Un territoire également propice à la réflexion sur le paysage, et le fait que Data Horizons soit installé Porte de Plouzané ne pouvait que susciter l'intérêt de l’artiste. « Entre ville et campagne, c'est une belle vibration pour repenser la représentation du paysage en dehors du cliché de la carte postale ». Et comme cette future station sera celle du commencement et de la fin de la ligne du tramway, il y a également toute une symbolique qui nourrit l'imaginaire sur la représentation du monde.

Que ce soit en Allemagne, à Orléans ou à Brest, Sylvie Ungauer se nourrit de son ancrage dans un territoire, tout en regardant plus loin. Le communautarisme, très peu pour elle. Fuyant également le repli sur soi dans son travail d'artiste, elle fait de la rencontre et du partage un axe de travail. Pour Data Horizons, elle a ainsi noué une collaboration avec l'Enib, l'Ecole d'Ingénieurs de Brest, et le Centre Européen de Réalité Virtuelle (Cerv). Et c'est avec un élève de l'Enib, Émilien Breuillaud, qu'elle a planché sur son projet pour le tramway. « Un projet pensé en fonction de ce territoire là ». Au bout du monde, Sylvie Ungauer suit les rails de la complexité humaine, environnementale et technologique.


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